La thérapie cognitivo-comportamentale, un peu d’histoire

La thérapie cognitivo-comportamentale, un peu d’histoire

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est actuellement le modèle de psychothérapie d’excellence pour la plupart de troubles mentaux dans un grand nombre de pays en Europe, en Amérique du Nord et dans le monde entier. Malgré sa jeunesse, de nombreuses études ont montré l’efficacité de la TCC ce qui a permis de devenir le modèle psychothérapeutique le plus scientifiquement fondé sur la planète. C’est quoi l’histoire du TCC et d’où ça vient ?

De nombreuses théories psychologiques, psychothérapeutiques et philosophiques ont influencé le TCC. Parmi les idées plus vieilles qui ont pu l’influencer, on note la thérapie psychodynamique freudienne, la psychologie développementale piagétienne, et le courant philosophique du stoïcisme. Par contre le TCC a été surtout influencé par des théories relativement nouvelles, et par deux en particulier : le comportementalisme et la thérapie cognitive.

Le comportementalisme a ses racines chez des penseurs tels que Ivan Pavlov, B.F Skinner, Joseph Wolpe et Hans Eysenck et est devenu très influent dans les années 50 et 60. La thérapie cognitive a été développée par les penseurs tels que Albert Ellis et Aaron T. Beck, et est devenue influente dans les années 60 et 70.

L’arrivée du comportementalisme

Depuis le 19ème siècle, la psychodynamique freudienne domine la psychologie clinique, jusqu’à l’arrivée du comportementalisme. A partir des années 50, la psychodynamique freudienne était de plus en plus critiquée, car ni la théorie sur laquelle elle était basée, ni son efficacité n’ont été soutenues par des preuves scientifiques concrètes car elle était jugé difficilement mesurable. Le comportementalisme a demandé un effort pour trouver une solution à ce problème de non-mesurabilité et avait pour but d’ancrer la psychologie et la psychothérapie dans une théorie qui est vérifiable par la méthodologie scientifique. Parce que nous n’arrivons pas à observer directement ce qui se passe dans l’esprit d’un individu, les scientifiques du comportementalisme ont insisté pour que les psychologues testent et observent les choses qui sont scientifiquement mesurables et donc ils ont constaté qu’il fallait s’intéresser aux comportements. La théorie d’apprentissage – une théorie qui visait à expliquer pourquoi certains comportements se manifestaient face à certains stimuli spécifiques – a pu transmettre des techniques psychothérapeutiques du comportementalisme.

Un exemple d’une telle technique serait la désensibilisation – une technique qui vise à remplacer une réponse nocive et inappropriée à un stimulus par une réponse plus appropriée et bénigne, par le biais des expositions in vivo ou imaginaire et utilisant occasionnellement des techniques de relaxation telles que les techniques de respiration, en parallèle. Ces techniques restent actuelles et sont utilisées dans le contexte de divers traitements dans diverses conditions telles que l’anxiété et les phobies spécifiques et sociales. Avec les techniques thérapeutiques telles que la désensibilisation le comportementalisme a pu prouver sur une base scientifique son efficacité par le biais des études qui ont démontré des résultats positifs et efficaces, obtenue sur une période relativement courte (de nombreux patients ont montré une amélioration au cours des 6 à 21 séances).

La révolution cognitive

Au début des années 60 une « révolution cognitive » a introduit des nouvelles théories qui étaient fondées dans les domaines de linguistique, de l’intelligence artificielle, de la neuroscience et de l’informatique, qui servait à comprendre des processus mentaux tels que les rêves, les interprétations, les croyances, etc… Ces nouvelles théories ont commencé à infiltrer la psychothérapie.

La thérapie cognitive est un produit de cette « révolution ». La thérapie cognitive a été acceptée avec enthousiasme par certains psychothérapeutes car cela a pu remplir un grand vide qui était un problème du comportementalisme, notamment, l’absence des processus mentaux, qui sont des aspects évidemment importants par rapport à un travail psychothérapeutique. Par contre, contrairement à la psychodynamique, la thérapie cognitive propose un moyen de comprendre ces aspects sur une base scientifique. En plus, les études scientifiques ont pu démontrer l’efficacité de ce modèle sur le traitement de la dépression – un trouble mental qui était que partiellement traitable en utilisant uniquement les méthodes comportementales. Aaron T. Beck, un psychiatre américain, a développé un modèle cognitif pour la dépression et sur une thérapie basée sur ce modèle, et il a pu démontrer l’efficacité de cette nouvelle thérapie dans les études scientifiques, ce qui a servi a énormément popularisé la thérapie cognitive.

Comportementalisme + thérapie cognitive = TCC

La raison qui explique l’énorme succès du comportementalisme et de la thérapie cognitive était due au fait qu’ils ont pu remplir deux critères importants : l’efficacité démontrée par des études empiriques et des bases théoriques fondées sur les théories scientifiquement vérifiables. Les psychothérapeutes ont commencé à utiliser les deux psychothérapies en même temps avec le même patient et ont pu démontrer encore de meilleurs résultats. Cet amalgame est connu aujourd’hui comme le TCC.

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