La thérapie cognitive comportementale – pour qui ?

La thérapie cognitive comportementale – pour qui ?

La thérapie cognitivocomportementale (TCC) est actuellement le modèle de psychothérapie d’excellence dans le monde entier et de nombreuses études ont montré son efficacité, ce qui lui a permis de devenir le modèle psychothérapeutique le plus scientifiquement fondé sur la planète. Après le premier article paru sur le même thème, la question se pose : qui précisément pourrait bénéficier de cette thérapie ?

Les études scientifiques ont démontré l’efficacité de la TCC dans la majorité des troubles mentaux, notamment :

  • Les troubles de l’humeur telle que la dépression et le trouble bipolaire
  • Les troubles anxieux tels que le trouble anxieux généralisé, les phobies spécifiques (phobie des animaux, du sang, des situations), anxiété sociale, trouble de panique, l’agoraphobie.
  • Le trouble obsessionnel compulsif et les troubles liés tels que la dysmorphophobie.
  • L’état de stress post-traumatique
  • La boulimie
  • Le traitement des addictions aux substances et comportementales.
  • Les troubles de la personnalité telle qu’un trouble de personnalité borderline.
  • L’insomnie
  • Les troubles psychotiques
  • Les difficultés relationnelles telles que les troubles sexuels et de couple
  • La douleur chronique

Plus précisément, pour la dépression, il existe deux psychothérapies qui sont indiquées comme « première option » selon les lignes directrices du CANMAT (une guide directrice canadienne pour la dépression et les troubles anxieux) pour la dépression majeure : la TCC et la TIP (la psychothérapie interpersonnelle). Les antidépresseurs sont aussi prioritaires, et certaines études montrent que la combinaison d’une des deux psychothérapies avec un traitement antidépresseur donne les meilleurs résultats.

Pour les troubles anxieux, la TCC et les traitements antidépresseurs sont tous les deux reconnus comme étant en première ligne selon le guide CANMAT. Par contre, il existe une préférence pour la TCC, car en ajoutant les deux traitements, l’antidépresseur n’est pas mieux que la TCC seule.

Concernant les troubles liés aux substances ou à la dépendance à l’alcool ou aux drogues, selon les guidelines du APA (American Psychiatric Association), la TCC, les programmes en 12 étapes telles que les alcooliques anonymes ou narcotiques anonymes, ainsi que l’EM (l’entretien motivationnel) sont considérés comme première ligne parmi les psychothérapies. Les médicaments psychotropes peuvent être indiqués dans certains cas.

Il est important de noter que pour certains troubles psychiatriques graves, tels que les dépressions sévères, le trouble bipolaire, ou la schizophrénie, la TCC est recommandée. Par contre, il est important que la TCC ne soit pas appliquée seule, car les traitements psychotropes semblent plus indiqués.

En ce qui concerne les « populations spéciales », la TCC a été démontrée efficace pour les enfants, les adolescents, et les personnes âgées. Ces thérapies sont adaptées au niveau de développement cognitif du patient.

En ce qui concerne les contre-indications, chez les personnes avec un fonctionnement intellectuel limité telles que les personnes avec des troubles cognitifs, des enfants très jeunes, ou ceux qui ont un handicap mental, la TCC est beaucoup plus compliquée à appliquer et les résultats sont malheureusement moins bons à niveau de l’efficacité.

En résumé, la TCC est indiquée pour plusieurs problématiques psychiatriques, et souvent, comme pour les dépressions non sévères ou des troubles anxieux, il pourrait être utilisé comme le seul traitement. Pour d’autres problématiques psychiatriques, une combinaison de la TCC (ou d’autres psychothérapies de première ligne) et des médicaments psychiatriques est indiquée.

  • https://www.hopkinsguides.com/hopkins/view/Johns_Hopkins_Psychiatry_Guide/787145/all/Cognitive_Behavioral_Therapy__CBT_
  • Kleber, H. D., Weiss, R. D., Anton, R. F., George, T. P., Greenfield, S. F., Kosten, T. R., … & Hennessy, G. (2007). Treatment of patients with substance use disorders, American Psychiatric Association. The American journal of psychiatry, 164(4 Suppl), 5-123.
  • Rector, N. A. (2000). Cognitive Behavioural Therapy: An Information Guide. Centre for Addiction and Mental Health.
  • Westbrook, D., Kennerley, H., & Kirk, J. (2011). An introduction to cognitive behaviour therapy: Skills and applications. Sage.

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