Qualité - ADDICTOHUG https://addictohug.ch/tag/qualite/ Un blog pour les personnes concernées par l'addiction et ses proches Mon, 08 Jul 2019 14:46:32 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.6.2 Déposes ton matos et oses ! https://addictohug.ch/service-addictologie/deposes-matos-oses/ Sat, 07 Dec 2013 10:46:33 +0000 http://addictohug.ch/?p=8376 Projet qualité : quand la créativité se met au service de la réduction de risques et de la citoyenneté ! Prix "coup de coeur" - 15ème Journée Qualité des HUG

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Laetitia Fornerone, Santo Gentile, Gerard Calzada

 

Projet primé avec le “Prix Coup de coeur 2013” lors de la 15ème Journée Qualité des Hôpitaux Universitaires de Genève.

Dans un contexte de restructuration de nos locaux suite au déménagement de notre Consultation, nous avons eu l’opportunité de travailler avec une artiste dans un projet qui allie mouvement, progression et beauté. Cette oeuvre permet de soutenir les valeurs qui sont importantes dans le Service d’addictologie : projet de vie, mobilité, ouvertures, création de choix et d’alternatives, sortir des ornières. Il s’agit d’une oeuvre murale sur les 5 étages du CAAP-Arve. Cette oeuvre représente l’association improbable entre des branches grises et hivernales d’arbres locaux et la présence d’oiseaux exotiques bleus, couleur choisie en raison de la proximité de l’Arve, qui représentent l’ailleurs, l’étrange, le décalé. Les branches épaisses en bas, se raréfient et, au dernier étage, il ne reste plus que les oiseaux. L’entrée du bâtiment et les cages d’escalier qui doivent être investies par le soin pour ne pas être assimilées à la rue, seront habitées par des sons et chants d’oiseaux de nos contrées. Afin d’améliorer la qualité des soins, nous avons crée ce projet qui permettra aux patients de différencier la rue des soins.

PROBLEMES IDENTIFIÉS

Nous avons identifié les problématiques suivantes:

  1. Mauvais accueil : Le manque de considération de la réalité quotidienne du patient (se promener avec des bières, avoir du matériel souillé et des substances sur lui…) et de l’environnement architectural ne permettait pas aux collaborateurs d‘accueillir le patient avec une attitude respectueuse dans le soins ce qui engendrait une attitude recadrante et répressive.
  2. Insalubrité : la cage d’escalier de l’ancienne Consultation Navigation n’était pas investie ni par les soignants ni par les patients. Quotidiennement, on retrouvait des déchets divers comme des canettes de bière, des mégots de cigarette et parfois du matériel d’injection souillé, ce qui entrainait des conflits avec le voisinage. La cage d’escalier étant un « no man’s land » entre les soins et la rue a entrainé de la part des soignants un désinvestissement.
  3. Risque des incidents et des risques AES (accidents d’exposition au sang) : L’absence de lieu où déposer son matériel souillé anonymement à la Consultation entrainait un manque de sécurité pour les autres patients et les collaborateurs.
  4. Manque des messages de prévention et de réductions de risques. Ces problèmes identifiés nous amènent à la conclusion qu’il existait une véritable confusion entre la rue et les soins.

PROJET MIS EN PLACE

En reprenant l’oeuvre artistique, nous avons installé dans le hall d’entrée du bâtiment, des maisonnettes à oiseaux qui permettront aux patients de déposer leurs boissons alcoolisées. Les seringues souillées pourrons être elles aussi déposées dans une boite prévue à cet effet. A l’intérieur de ces boites, nous allons écrire des messages de prévention autour de la problématique d’alcool associés au traitement de substitutions aux opiacés qui seront renouvelés mensuellement.

IMPACT DU PROJET SUR LA QUALITÉ DES SOINS

  1. Amélioration de l’accueil : La mise à disposition de ces outils permet aux patients de déposer leur matériel «de rue» et enlève ainsi aux soignants l’attitude cadrante et répressive.
  2. Meilleur hygiène : Avec le système proposé, le matériel responsable de l’insalubrité dans notre ancienne consultation est jeté et rangé, ce qui permet un meilleur investissement des lieux tant pour les soignants que pour les patients.
  3. Diminution des risques : L’existence de ces récipients au rez-chaussée permet de garder l’anonymat lors du dépôt des seringues souillées (réelle barrière pour certains patients qui n’osent pas rendre le matériel sale aux soignants), ce qui diminue le risque de les déposer dans n’importe quelle poubelle. La consultation étant propre, les risques d’incidents et des AES est clairement diminué voir inexistant.
  4. Optimisation de la prévention. Les messages de prévention permettent de surprendre, d’éveiller la curiosité et de sensibiliser les problématiques de consommation, chez nos patients.

CONCLUSION

En reprenant l’oeuvre artistique, nous avons installé dans le hall d’entrée du bâtiment, des maisonnettes à oiseaux qui permettront aux patients de déposer leurs boissons alcoolisées. Les seringues souillées pourrons être elles aussi déposées dans une boite prévue à cet effet. A l’intérieur de ces boites, nous allons écrire des messages de prévention autour de la problématique d’alcool associés au traitement de substitutions aux opiacés qui seront renouvelés mensuellement.

 

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Un espace urbain serein ! Un rôle citoyen malin ! Des voisins et des … soins !! https://addictohug.ch/service-addictologie/un-espace-urbain-serein-un-role-citoyen-malin-des-voisins-et-des-soins/ Sat, 07 Dec 2013 10:18:38 +0000 http://addictohug.ch/?p=8366 Projet qui permet d’améliorer l’accessibilité aux soins pour les patients accompagnés de leur chien - 15ème Journée Qualité des HUG

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Rachel Spichiger, Christel Ding et Gerard Calzada

 

Projet présenté lors de la 15ème Journée Qualité 2013 des Hôpitaux Universitaires de Genève

Dans un contexte de déménagement de la Consultation Navigation vers le CAAP Arve du Service d’Addictologie du DSMP et de l’aménagement d’une partie de l’espace publique extérieur, nous souhaitons proposer un projet qui permette d’améliorer l’accessibilité aux soins pour les patients accompagnés de leur chien.

Suite aux observations cliniques de ce type de population, nous avons constaté de la difficulté à pouvoir s’impliquer dans les soins en lien avec un sentiment d’abandon de leur animal, des signes d’anxiété et de refus de soins immédiats (soins des plaies, vaccinations, entretiens thérapeutiques…).

La crainte de rompre ce lien unique avec l’animal entraine régulièrement des refus d’hospitalisations indispensables voir vitales dans certaines situations[1].

Pour quoi ?

  • Nos patients ont des difficultés à accéder aux soins. La peur de voir leur chien disparaître pendant leur passage à la Consultation contribue à diminuer le temps d’engagement dans les soins tel qu’un refus d’entretien ou encore de soins somatique.
  • Nos patients manquent d’alternatives sécurisantes. Nos patients n’ont souvent pas de logement ni de réseau social. Cela implique qu’ils amènent leur chien « partout » dans le but de préserver le lien mutuel entre le chien et son maître et leur besoin d’être accompagnés. Ils sont contraints de laisser leurs animaux sur le trottoir sans surveillance.
  • Nos patients accumulent des plaintes. Les nuisances provoquées par leur chiens rendent difficiles les bonnes relations avec le voisinage et impliquent des contraintes inutiles pour accéder aux soins.
  • Nos patients ayant une addiction et un animal de compagnie sont doublement stigmatisés. Leur comportement lié à leur problématique addictive génère une incompréhension au sein de notre société. Ce jugement est renforcé par la croyance qu’ils sont incapables de s’occuper d’eux et par la même de leurs animaux.
  • Nos patients connaissent des ruptures récurrentes / déceptions dans leurs relations sociales. Souvent l’animal de compagnie est leur seul lien non-contractuel (deal, juge, police, contrat de soins…).

Comment améliorer l’accessibilité aux soins de ces patients ?

Nous avons mis en place la construction de trois niches sécurisées correspondant aux normes hygiéniques avalisées par le Service du Vétérinaire Cantonal situées à l’entrée du CAAP Arve. Chaque patient propriétaire de chien vient avec son propre cadenas. Il met son chien en sécurité et accède aux soins sans le souci de laisser son animal seul sur le trottoir. Afin de renforcer/créer un lien thérapeutique et de rendre actif les patients dans l’entretien des niches, nous allons organiser un groupe de travail qui aura lieu 2 fois par mois (4 heures).

Solutions attendues

  • Améliorer l’accessibilité et l’engagement dans les soins. La présence de niches permettra d’augmenter le temps de présence des patients propriétaires de chiens afin d’optimiser la qualité des soins telle que entretiens, prévention, soins somatiques, réduction des risques. De considérer le lien entre le patient et leur chien comme quelque chose d’indispensable permet de promouvoir le lien thérapeutique.
  • Diminuer l’anxiété liée au risque de perte de leur animal. Les niches sont fermées par les propriétaires avec leur propre cadenas ce qui diminue le risque de se faire voler leur chien.
  • Favoriser l’intégration dans le quartier et optimiser le rôle citoyen. En créant un aménagement extérieur adéquat et hygiénique pour les chiens, nous diminuerons les nuisances dans le quartier[2]. Les niches sont intégrées dans le nouvel aménagement de l’espace publique.
  • Valoriser leurs compétences à prendre soins de leur chien. La bonne utilisation des niches mises à disposition ainsi que la participation active au groupe de travail bimensuel est l’occasion pour les patients de montrer/ développer leurs compétences et d’échanger des informations autour de l’entretien et des soins de leur animal.
  • Permettre de retrouver une fonction d’« utilité » et de lutter contre l’isolement social. La relation entre l’animal et le maître permet aux patients d’exercer leurs compétences sociales et de se sentir utiles dans cette relation privilégiée, ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres relations avec les humains. L’attachement réciproque de la dyade maître-animal fait écho au principe de la théorie de l’attachement de John Bowlby (psychiatre-psychanalyste anglais 1907-1990). Enfin, « Le chien ouvre l’appétit social »[3].

Conclusions

Le but de ce projet est d’améliorer l’accessibilité aux soins tout en luttant contre l’isolement social et en validant l’identité et le lien des patients propriétaires de chiens. Cette problématique se retrouve dans d’autres services de soins (ex précarité, personnes âgées…). C’est aussi un moyen d’accueillir une partie de l’Hôpital cantonal universitaire de Genève dans un quartier populaire en faisant de notre clientèle un partenaire actif au sein de la communauté.

[1] J. Bowlby, Théorie de l’attachement

[2] La Loi sur les chiens en vigueur depuis le 30.08.2011 et votée par le Grand Conseil qui a pour but de « garantir leur santé et leur bien-être conformément au droit fédéral, d’assurer la sécurité, la salubrité et la tranquillité publique » (Art.1), stipule que « tout détenteur de chien doit prendre les précautions nécessaires pour que celui-ci ne trouble pas la tranquillité publique par ses aboiements ou ses hurlements ». (Art 20)

[3] Conférence SHARRE 2012, organisée par Rachel Lehotkay aux HUG.

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