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Les planches de pharmacothérapie des addictions

Démangeaisons sous opiacés

Les démangeaisons sont un effet secondaire fréquent sous opiacés, peuvent apparaître avec toutes les substances de cette classe, surtout si appliqué de façon parentérale.

La plupart des études sur la gestion de cet effet secondaire ont été réalisées chez des patients en traitement analgésique, notamment par application intrathécale. Les substances utilisées dans le traitement du prurit dans ces études étaient presque exclusivement appliquées par voie parentérale.

À titre préliminaire on peut rappeler que des antagonistes d’opiacés sont parfois utilisés dans le traitement du prurit dans certaines maladies somatiques (p.ex. cholestase). Cette solution est bien évidemment impraticable chez des patients sous traitement par opiacés.

Le prurit est souvent dose-dépendant, ainsi une baisse de la dose peut être une solution, à condition que la baisse ne prétérite l’efficacité du traitement. On s’assure préalablement que le patient ne consomme pas d’autres opiacés par voie parentérale, puisque le risque de prurit semble être plus grand en cas d’application intraveineuse. Si c’est le cas, on augmente plutôt la dose de l’opiacé prescrit pour faire cesser possiblement les consommations parallèles.

Une autre solution pourrait être le passage à un autre opiacé, la propension à développer des démangeaisons pouvant varier chez un patient d’une substance à l’autre.

Puis, des soins plus généraux de la peau, voire des applications locales, peuvent parfois permettre un certain soulagement, notamment des produits au mentholé. Des crèmes aux corticostéroïdes ne devraient être utilisées qu’exceptionnellement.
On conseillera par ailleurs les patients à ne pas prendre de bains ou de douches trop chaudes.

Finalement, des études préliminaires (réalisées en grande majorité chez des patients en analgésie) suggèrent l’utilisation d’antagonistes 5HT3 ou éventuellement des antihistaminiques, cette dernière classe de médicaments pouvant avoir, il est important de le rappeler, un effet potentialisateur des effets sédatifs des opiacés.

 

Akhan et al., Comparison of mirtazapine, gabapentin and ondansetron to prevent intrathecal morphine-induced pruritus North Clin Istanbul 2016;3(1):53–9 Ko.
Neuraxial Opioid-Induced Itch and Its Pharmacological Antagonism. Handb Exp Pharmacol. 2015 ; 226: 315–335.
Sheen et al, Prophylactic mirtazapine reduces intrathecal morphine-induced pruritus. British Journal of Anaesthesia 1998; 101 (5): 711–15

Daniele Zullino

Daniele Zullino

Prof. méd., Médecin chef de service
Hôpitaux Universitaires de Genève
Service d’addictologie

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