Le terme programme pavillonnaire renvoie à l’obligation pour le patient qui arrive dans une unité hospitalière psychiatrique d’y rester.

Il se décline sous deux formes : strict ou élargi. Strict impliquant que le patient doit rester « dedans », et élargi qu’il a le droit d’aller dans le jardin attenant, en général clos. Ce programme obéit à une logique progressive. La notion de programme est généralement pauvre et consiste surtout à rester dans un lieu à la portée du regard des soignants.

Pour mettre du poids à cette mesure de contrainte elle était/est inscrite dans les consignes médico-légales du dossier.

Ces termes peuvent nous laisser perplexes…en quoi le fait de rester dans un endroit est légal plus que médical. En quoi d’ailleurs est ce médical ? Dire qu’une mesure est médico-légale c’est confondre l’évaluation médicale avec la fonction de la loi qui n’est pas de soigner…

Mais au fond un pavillon c’est quoi ? Selon le dictionnaire, cela peut être un drapeau. Ceci me fait penser qu’on pourrait proposer comme programme pavillonnaire que le patient se promène où il le souhaite en tenant fermement dans ses mains un drapeau où serait écrit « je suis là ». J’y vois un risque clair de stigmatisation. Avec les presque 4000 hospitalisations par an dans le Département de Santé Mentale et Psychiatrie, on risquerait d’avoir une flottille par trop visible de personnes battant pavillon Belle-Idée en ville.

En urbanisme, le pavillon peut être autant un petit bâtiment, une petite propriété privée avec un jardin qui constitue une forme d’urbanisme de masse, appelé les cités pavillonnaires, qu’un édifice d’architecture raffinée.

Ceci pourrait nous rendre créatif et je suis favorable à proposer des programmes pavillonnaires aux patients qui ont besoin de soins psychiatriques intensifs, dans des petites maisons avec jardin intégrées en ville ou encore dans des lieux raffinés et chics dont notre belle ville du bout de lac regorge.